jeudi 16 février 2017



Vous souvenez-vous, quand vous étiez enfant et qu’on vous emmenait faire une ballade en auto?
Vous adoriez sortir votre bras par la fenêtre et sentir dans votre main la résistance du vent! Et, si vous mettiez votre main de côté, combien cette résistance diminuait.
Admettez-le : vous le faites encore!

Vous faisiez connaissance avec l’aérodynamisme.
Parlons maintenant hydrodynamique!

Votre position dans l’eau en tant que plongeur devrait idéalement être horizontale, pour offrir le moins de résistance possible, comme le tranchant de votre main dans le vent. Mais pour un maximum d’efficacité, vous devriez aussi voir à ce que votre équipement n’offre pas de résistance dans l’eau.

Si vous laissez pendre votre console et votre détendeur de secours, chacun de ces instruments équivaut à votre main par la fenêtre!
Alors si en plus vous transportez un sac, des lampes, un écriteau, une caméra et que tout ça pendouille librement, c’est comme si vous rouliez avec le frein à main!

Pas grave, me direz-vous, on n’est pas pressé!

Alors voici un argument qui devrait vous intéresser.
Sous l’eau, chaque dépense d’énergie coûte de l’oxygène aux muscles. Plus vous bougez, plus vous consommez de l’air! Alors chaque chose qui offre de la résistance dans l’eau vous freine, et vous devez palmer plus pour avancer. Plus le muscle utilisé est gros, plus il consomme d’oxygène. Vos cuisses sont votre plus gros muscle!

Ranger votre équipement proprement sur votre corps vous fera économiser de l’air (et plus que vous ne le croyez!), et augmentera votre plaisir. Parce que glisser librement dans l’eau est un plaisir, et que la plongée est à cet égard un sport de glisse!

Sans compter qu’un octopus rempli de sédiments parce qu’il traîne partout est un danger potentiel.

Alors si vous voulez économiser votre air : mettez de l’ordre sur vous, ne portez que ce qui est nécessaire et rangez-le bien, apprenez à optimiser votre flottabilité, ne portez pas plus de plomb que nécessaire, apprenez les différentes techniques de palmage.

Puis amusez-vous comme quand vous étiez enfant!



mardi 31 janvier 2017

SIDEMOUNT- POINTS D'ATTACHE


Pardonnez ce petit post sans grand intérêt pour une vaste majorité!
Il pourra peut-être être utile cependant pour les plongeurs sidemount toujours curieux des infinies possibilités de configuration en latéral...

Voici ce que j'utilise ces temps-ci comme système de points d'attaches sur mes cylindres.
J'utilise des cylindres d'alu 80 pi.cu. principalement, pour leur prix avantageux et pour leur légèreté lors des manipulations sous l'eau (décapelage, passage de restrictions, simple jeu).

Le fait de devoir changer le point d'ancrage de la hanche à l'aine lorsque le cylindre, autour de 1800 lbs de pression, devient flottant ne me dérange pas du tout. Je vois même la chose comme n'étant qu'une occasion supplémentaire de manipuler l'équipement, ce qui bâtit une ''mémoire musculaire'', une aisance qui enforcit la confiance.

À cause du fait qu'il faille bouger les cylindres au cours de l'immersion et pour conserver une bonne assiette (trim), les door-handles du butt-plate (les ancrages en poignées d'armoire sur la plaque couvrant les reins), élément de plusieurs marques de vestes, sont inutilisés avec l'aluminium.
Ils serviront pour les gros cylindres d'acier lourds.
Ils deviennent des points de remisage pour les moulinets et les lampes, par exemple, et pour une éventuelle sacoche.
(à ce sujet, pour se rappeler où est quoi: un truc mnémonique. Right for Reels, Left for Lights.)





Pour l'attache du bas.
J'utilise un collier de serrage inox que j'installe en permanence.
Il est monté sur une bande de caoutchouc d'un huitième de pouce d'épaisseur taillée dans un sous tapis. Facile à trouver dans une quincaillerie. Rona est mon meilleur ami!
La bande permet d'avoir un micro-jeu pour serrer le collier, de façon à ce qu'il absorbe les variations de tension induites par le gonflage du cylindre.
Certains plongeurs ayant rapporté des bris de colliers installés directement sur le métal et serrés à bloc.

D'autres plongeurs, inquiets de cette possibilité pourtant assez improbable, suggéraient la pose de 2 colliers, en redondance!

Advenant un bris en plongée, on pourrait à la limite se servir d'une clip de type double-ender qu'on fixerait à l'anneau élastique de rétention des boyaux. Ça dépannera bien suffisamment.

Pour ces élastiques, je préfère encore ceux que je me taille dans une ''tripe'' de pneu. Ils restent serrés, ne deviennent pas lâches avec le temps.
Pour faciliter leur manipulation en eau froide avec de gros gants, on peut  ajouter une boucle en tissu, corde ou bungee.

Quant aux double-enders: j'en ai toujours au moins deux sur ma veste, accrochés à un D-ring.



Ils me servent entre autres pour ceci.
Si j'ai à marcher une certaine distance hors de l'eau avec mes cylindres montés sur moi, je veux avoir au point d'attache de la valve une connexion métal-métal.
Pas simplement le bungee autour de la poignée (j'utilise le système ancien du loop-bungee, plus simple, plus rapide, et très efficace).
Au cas où un bungee lâcherait.

Le double-ender connecte donc le haut du cylindre à mon D-ring de veste par un anneau d'inox de 2 pouces que j'ajoute lors de l'installation de la valve. De cette façon, le bris est pratiquement impossible et permet de se déplacer sécuritairement. Si je plonge d'un bateau, je retire simplement la clip une fois dans l,eau pour ne conserver que le bungee.
Sinon, le cylindre ne se positionnera pas comme il se doit sous l'aisselle, pour une bonne hydrodynamique.

De toute façon: ce type de clip sert à une multitude de choses. En avoir quelques-uns sur soi pour toutes éventualités est sage!



La clip du bas est fixée ainsi au collier de serrage. Très simple. J'utilise un nylon tressé et un noeud simple pour empêcher le glissement de la corde de sous le caoutchouc.
Le noeud est mouillé de 3-4 gouttes de Krazy-Glue. Il devient ainsi dur comme roche et imperméable. Pour voir combien de temps la colle resterait efficace, je n'ai pas changé annuellement la corde sur un de mes cylindres.

 Après 5 ans, il est toujours en parfaite condition!!!

Je préfère attacher la clip ainsi au collier plutôt que de simplement passer ce dernier dans l'anneau pour pouvoir couper le fil advenant une défaillance de la clip qui la maintiendrait fermée.
Ça arrive vraiment! Ça m'est arrivé deux fois. Une de ces occasions à cause de sable/gravier bloquant le ressort, une autre à cause du gel.

Les clips montrées ici sont les grosses en acier inoxydable, parce que leur gros anneau permet une manipulation facile avec les gros gants.
Mais pour l'eau chaude seulement, ou pour d'autres utilisations ne nécessitant pas de manipulation, les clips de bronze font très bien le travail, coûtent beaucoup moins cher, et acquièrent avec le temps une patine magnifique!

Mes chums vous le diront: je fais une fixation psychotique sur les clips! J'adore ces objets!




La vis de serrage du collier est placée au point opposé à la clip d'attache, donc vers l'extérieur lorsque le cylindre est porté.
Pour éviter un contact possiblement dommageable avec le drysuit.
Pour plus de sécurité encore à ce sujet; on installe lors du montage du collier une section de boyau quelconque pour couvrir le système de vis.
Avant, j'habillais ainsi tout le collier. Ce n'est pas nécessaire, et plus hydrodynamique sans boyau. Le collier peut aussi mieux sécher.

Voila pour la chronique Monsieur Bricole!
J'adore ce que les anglais appellent le ''gear tweeking'', ou comme dit ma blonde: jouer avec mes jouets.
J'en ferai peut-être une autre; j'ai plein de petites modifs sur mon stock...

dimanche 27 novembre 2016

2016: DE L'IMMENSE AU TOUT PETIT... ET LE TEMPS



Elle n'est pas finie, je sais, et je replongerai certainement d'ici janvier.
Mais aujourd'hui, ce matin, le café goûte la nostalgie.
J'ai donc l'envie de revoir un peu de quoi a été faite 2016, sous l'eau...

Commencée de glorieuse façon à Cozumel, pour une semaine de bleu avec ma chum Vicky, qui y aura vécu la plus marquante page de sa vie de plongeuse, elle a été suivie immédiatement par une semaine de noir, dans la Caverne de Jade, avec mon ami German.

Fabuleux...

Et j'ai eu l'occasion et le plaisir de raconter cette aventure dans la revue DIVER.









Encore un peu de patience Vicky: on y retournera bientôt!...







 



















Mellow yellow!
(Yo Tom: when do we go back to that cool bar?!!!)






Les habitants de Jade Cave,



















Ah!...et Hell's Bells aussi! Depuis le temps que j'en rêvais!




Puis, retour aux lacs...froids!
Quelques projets de video avec Richard...






















Et de nouveaux potes plongeurs: Anne et Sylvain, et Capitaine Dave









Ça été aussi, après l'immensité de Chempita, la caverne de jade, l'été du tout petit...Cristatelles, hydres, éponges, biofilms, qu'Anne et Sylvain m'ont fait voir sous le microscope.

Fascinant...




Un été sérieux. On est pas là pour s'amuser, bordel.




L'été des ancres aussi.












Et de certaines bouteilles crève-coeur...Continue, Jack! Tu vas finir par trouver la totale!




Retour sur le tout petit...








Sylvain Miller, guide dans le micro-monde.




Plusieurs plongées aussi sur ma falaise préférée et ses trésors géologiques.





Richard et Gringo, absorbant quelques calories qu'ils reperdront vitesse grand V sous la thermocline...!


Alors voila...Reste un mois à l'année. Quelques plongées encore, mais, avouons-le, malgré les belles visibilités des eaux froides, c'est pas la joie tout le temps comme jouer dans l'eau du mois d'août!

Pas de trouvailles extraordinaires cette année. Pas de trésors.
Mais on s'en fout.



Plus le temps passe, plus c'est le privilège d'en être témoin que je trouve précieux...







jeudi 6 octobre 2016

JE SUIS...





Je suis plus ancien que les racines de vos mémoires
Aussi jeune et impétueux
Que les ruisseaux gonflés de tempêtes
Je suis le staccato léger de la pluie
Le gong puissant des orages

Car voyez-vous
Je ne suis pas que cette image que je vous renvoie
Le simple reflet de votre monde à l’envers
Aussi coloré soit-il
À vous de réfléchir si vous le pouvez aussi
Je suis la nuit sous le miroir
L’apex des rayons de vos jours

Je suis cette profondeur que vous craignez tant

Et je suis plus encore
Je suis toutes ces eaux
Claires et noires
Chaudes et glaciales
Oui

Mais je suis aussi la pierre tout en bas
Le roc qui les contient
Comme le corps appartient au même désir
Que la main qui le frôle

Vous n’étiez rien encore
Lorsque cette pierre fut forgée
Née des feux violents
Des colères et de la douleur d’un monde naissant
Dans le chaos et la confusion des dieux guerroyant

Elle fut torturée
Façonnée
Détruite
Éructée
Avalée 
Mille fois recommencée

Puis enterrée vivante
Oubliée
Foulée

Elle a voyagé des milliers de milliers d’années
Étalée parfois
Souvent repliée sur elle-même
Introspective après l’extraversion
Elle a eu tant de temps pour se repenser
Pour trouver sa nature

Et maintes fois elle a resurgi
Se relevant du sommeil intérieur
Se souvenant du rêve des dérives
Elle a brûlé encore sous un soleil jeune
Puis gelé sous le passage noir des hivers millénaires

Je suis aussi les iles qui me ponctuent
Il faut bien que la pierre respire
Les iles sont des nageurs la nuit
Sous la voûte constellée
Comme chacune de ces étoiles est une ile aussi
Dans l’océan d’intention que vous croyez sans limites

Les êtres qui m’habitent me croient infini
Poissons hydres et zoïdes
Algues et fleurs d’eau
Ils adorent autant que vous l’immortalité

Vous me faites rire et pleurer
Vous qui cherchez à voir du temps
Le seul aspect qui ne puisse être vu

Vous courrez aveugles et sourds
Fébriles comme les petits de mes enfants
Poursuivis de vos ombres
Comme des réponses qui fuient la question

Venez à moi
Venez en moi
Mes silences sont des musiques apaisantes
Si vous noyez vos épouvantes

Je me souviens mieux que vous de vos passés
Récents et lointains
Je vous ai vu naitre et mourir
Souffrir et jouir
De vos mariages comme de vos guerres
J’ai été témoin

Je suis le sang de votre sang
Les larmes de vos larmes
Je suis bien plus que vous ne l’imaginez
Plus près de vous que vous ne l’avez jamais soupçonné

Arrêtez-vous ralentissez
Plongez

Souvenez-vous des volcans et des dérives
Immergés sous les iles nageuses
Souvenez-vous du chant des comètes
Libres et heureuses dans le rêve de velours
Dansant entre les galaxies
Mères porteuses de hasards

Vous êtes fils du roc et de l’eau
Frères de lumière et de feu

Vous êtes des embryons dans mes eaux 
Et vous rêvez encore

Je ne suis pas qu’un lac
Je suis à l’océan ce que vous êtes à vous-même