jeudi 6 mai 2010



J'ai eu le privilège et l'insigne honneur d'assister hier soir à l'ONF à Montréal, à l'avant-première du dernier film de Nathalie Lasselin: "Héen Tàak  Le Fond De L'Eau".

"Héen Tàak est un documentaire explorant la nature sauvage du passage intérieur en Alaska. Une découverte de la pointe des glaciers au fond de l’océan  en compagnie d’hommes et de femme qui vivent une relation privilégiée avec l’eau et un regard emprunt d’amour et de respect. La nature sauvage offre un spectacle unique qui nous surprend sur et sous l'eau à la rencontre d'espèces plus fascinantes les unes que les autres."

Un film magnifique, intelligent, sensible, à l'image de cette culture tlingit dont il parle et s'inspire, et de l'admirable passion de son auteure pour l'eau...
Vous pouvez commander le DVD, ainsi que les autres films de Nathalie, sur le site des productions PIXNAT, en cliquant ici.

BRAVO, et MERCI, Nathalie Lasselin!

dimanche 2 mai 2010

LES TRIPLETTES DE WAKEFIELD

 -"Çà m'tente pas d'aller barbotter dans piscine à St-Tim, bon! Çà m'prend une profonde! J'veux aller embrasser l'fond à Morrison!"

Sly exprime tout haut ce qu'on pense tous...Phoque les deux-trois heures de voyage, ou les 45 degrés Frissonheights au fond: on se donne rendez-vous chez Mme.Morrison et sa carrière engloutie, à Wakefield, 10 heures.
J'aime bien le paysage le long de la 148.
C'est comme un grand rang de campagne avec la rivière en face et les montagnes dans le dos, et des champs ou il y a encore des grands ormes, et des vieilles clôtures assaillies de lierres et de toutes sortes de choses grimpantes et fleuries...Il sort des fenêtres ouvertes de chaque maison des parfums de tartes à la rhubarbe, et sur leur balcon somnole un vieux chien avec des pics-pics plein le poil.
Et puis il y a plein de maisons jaunes. J'adore les maisons jaunes.
Alors je me les roule relaxe, ces deux heures vers les profondeurs de Morrison, la tête dans un monde feutré et le coeur heureux d'aller plonger dans l'bleu.



Parce qu'elles sont bleues les eaux de Mme. Morrison. Çà; c'est le câble de la bouée qui descend vers le point le plus profond de la carrière, à presque 130 pieds,dans la cinquième atmosphère. On dirait une corde qui descend du ciel...
Elles sont bleues les eaux de Wakefield.


Je regarde au fond, je regarde Nick et Sly, et je me dis qu'on est rudement chanceux d'être ici, là maintenant à jouer dans l'eau, parce que pour demain, j'ai une peur bleue...
Loin au sud, la planète saigne noire dans la mer...N'en finit plus de saigner...
Et alors que nous descendons lentement dans le bleu froid et profond, je me dis que si je savais comment faire, comment mieux me taire et mieux écouter, j'entendrais jusqu'ici la plainte de la terre souffrant sa blessure, dans les eaux de la carrière Morrison, reliées comme toutes les autres dans l'océan planétaire.
Je regarde mes amis, parachutes ouverts dans un ciel liquide, qui perdent leurs couleurs progressivement pour ne garder que le bleu et le noir alors que nous changeons de monde.
Je vois dans leurs yeux s'installer le silence et la paix des profondeurs.



Nous plongeons ici dans une autre blessure de la terre, infligée de la main des hommes.
Elle a été ouverte, creusée, violée, arrachée, laissée pour morte puis noyée. L'eau n'est pas bleue; elle est blues...



Partout des cicatrices, et de longues balafres aux points de suture encore plantés.




Mais ici, le temps a passé. Et l'eau a guéri et protège maintenant le gouffre du bruit des machines et de la destruction des fous. Sur les hautes falaises les coupures et le roc à vif sont devenus des hiéroglyphes, messages préservés des violences passées.
Non; je ne questionnerai pas tous les choix des hommes. Je ne dirai pas qu'il eut mieux valu ne jamais creuser, miner, extraire...Nous avons fait selon ce que nous savions.
Mais je questionne que nous continuions maintenant, quand nous savons faire mieux, quand nous savons quel mal nous faisons...

I went down to the crossroads, fell down on my knees.
I went down to the crossroads, fell down on my knees.
Asked the lord above for mercy, save me if you please.

Nous nageons dans le blues. Mais le pays qui l'a vu naître, le blues, n'a pas fini de le chanter. Son visage se noircit d'heure en heure du sang noir de la terre.
Et j'ai vraiment mal, j'ai vraiment peur...
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Toutes les plongées sont trop courtes! (Ou les intervales de surface trop longs?!)



-"Coudons!, qu'il me dit, Sly, Sont ou tous les amis qui ont leur nom dans colonne à droite, sul blog??!!!

Là, je suis un peu d'accord avec lui! Ou êtes-vous tous?!
Trois Aquadélics se sont tapés trois super belles plongées, des conversations folles, délirantes, intéressantes, à la chaleur du camp et du poële de Mme.Morrison, à bouffer des oranges et des sandwiches et du thé chaud! Vous nous manquez, Aquadélics! Arrêtez; l'eau n'est plus si froide; venez jouer dans l'eau...




Venez braver les monstres des profondeurs, comme cette pieuvre mangeuse d'homme! (Photo prise à 125 pieds, sans narcose je l'jure!)



De toutes façons, il est clair que des esprits solides, cartésiens et pragmatiques comme nous seraient incapables de niaiseries...





Çà vous rappele pas E.T. ?


L'avion est désormais une possession Aquadélique.





"TERRE!!!"



Sly Exupéry



Capitaine Aqualung



Le poste de pilotage et sa tarenbulle






Il arrive même qu'on soit sérieux quelques minutes en fin de plongée, pour pratiquer un peu les shootings de SMB, par exemple...



Ou pour faire un peu d'entomologie sous-marine! Çà, les mecs, c'est une très étrange bibitte qui rame avec deux supers longs avirons très efficaces, sur le dos! Et DORIS m'informe qu'il s'agit d'une abeille d'eau, ou punaise d'eau, ou plus exactement: une notonecte tachetée! Et on dit abeille, parce que çà pique, et pas qu'un peu! Vive le néoprène!



Alors on espère bien vous voir bientôt, les copains. Regardez çà; c'est pas beautiful?

Venez jouer dans l'eau.
Elle a besoin d'entendre des rires, l'eau..................

dimanche 25 avril 2010

L'AIR DU TEMPS au Parc des Iles


J'ai promis à plein de nouveaux amis Aquadéliques de les emmener au Parc Des Iles à St-Timothée, cet été. Pourquoi alors m'y suis-je retrouvé hier avec Nik et Aqualung sans eux?
Parce qu'on ne sert pas un plat aux gens qu'on aime sans y avoir goûté, et que le bassin des iles, cette portion du fleuve entre deux barrages, vient tout juste d'etre emplie de nouvelles eaux, après un hiver à presque sec.
Alors sous le soleil radieux, le vol des outardes montérégiennes, et les notes de Crosby Stills Nash and Young, nous montons la Holydive Inn 2.


Notez la poubelle DAN, mon nouveau bac à équipement, preuve s'il en fallait qu'Aquadelic ne fait rien sans la grande classe.


Un jour, le nom d'Yves St-Laurent sera remplacé sur les tapis rouges grâce à vos humbles serviteurs, par celui de Dive St-Laurent, je vous le dis. Et en matière de mode je m'y connais,je ne la suis jamais; elle me bloque la vue.



Outre l'inspection sous-marine des lieux afin de vérifier l'évolution du retour de la vie au bassin, nous voulions voir si les Hémimysis Anomala de l'année passée y avait passé l'hiver.
Nous ne vîmes pas l'ombre d'une crevette, invasive ou pas...Pas cette fois en tous cas. Je suis convaincu qu'elles y sont, mais peut-être disséminées par l'afflux soudain des nouvelles eaux? On ira revoir çà quand elles auront eu un peu de temps pour se réorganiser.
Quant au reste de l'abondante faune observable ici en été; il était bien caché hier! Quelques écrevisses, deux chevaliers, deux barbottes, de toutes petites perchaudes... Ce qui m'intrigue assez! Je sais qu'en peu de temps, la place grouillera de vie!


Autre objectif de la plongée; Aquadude voulait tester un genre d'attelage pour une deuxième bouteille à moitié pleine qui nous permettrait en utilisant alternativement son détendeur de prolonger la durée de l'immersion sans avoir à revenir changer de cylindre. Objectif atteint merveilleusement: le lest du cylindre parfait, la nage côte à côte en parfaite harmonie. Et un temps de fond indécent d'une heure trois quarts!!!





 

Les plantes commencent à peine à envahir le fond, échevelées et imprécises. Commes des anémones étranges et douces.


Un chevalier blanc déglingué aux nageoires relaxes et flappantes vient nous inspecter tranquilos, le fond de culotte aux genoux et l'air éveillé d'un commis d'été de Canadian Tire un lundi matin...


Gimme a kiss!!!




Merci Aqualung, pour l'air supplémentaire, et ton beau travail de rig. Et merci à Nikkie pour les photos terrestres et l'aide aux équipements et habillages! 12 degrés au fond hier. c'est vrai que çà n'est pas bien profond et que l'endroit se réchauffe plus vite qu'ailleurs, mais çà s'en vient: bientôt on pourra plonger en 3 mm, ou en skin!

C'est la Grenouille En Fête aujourd'hui, à Chambly. Peux pas bin bin y aller...Désolé Nath...Amuses-toi bien!

vendredi 23 avril 2010

PHOTO

J'ai rencontré dernièrement au Lock 21, puis à nouveau chez NEPTEAU, -boutique de plongée hautement recommandable-, un plongeur nommé Jacques Lech.
En plus d'une grande gentillesse, l'homme fait preuve d'un talent de photographe sous-marin hors du commun!

Allez vous rincer l'oeil sur son nouveau site.  CLIQUEZ ICI.

jeudi 22 avril 2010

Tempête au 23

 Une tempête de marde. Voila. Je l'ai dis.
Je commence à assez bien le connaître, le Lock 23, pour y avoir palmé un brin. Mais je n'ai jamais vu avant une vizi aussi mauvaise!
Le courant, ni plus ni moins fort que d'habitude, transportait des débris d'algues et des lambeaux de mousse comme si on avait dragué le fleuve en amont!






Ce qui n'arrange rien côté photo: le beau gros soleil pis le ciel bleu mur à mur que j'admirais sur la route ce matin en écoutant les Beatles ont foutu l'camp juste avant Morrisburg pour etre remplacés par un temps gris, sombre et glacial. Une tempête de marde dans un frigo.

"You say you want a revolution
Well you know
We all wanna change the world"
...disent les Quatres Fabuleux en parlant de la journée de la Terre.
C'est pas d'une journée qu'elle a besoin, la terre, c'est du reste de nos vies. Et plus. Nous sommes 10 personnes à bord d'une chaloupe de sauvetage, et l'un de nous annonce que ce sera la journée d'la chaloupe pendant que trois se battent au nom de Dieu, cinq crèvent de faim et le dernier vole les neuf autres.
Come on...






Il ne se passe pas grand chose dans la Pump House, du côté sud de l'écluse en face d'Augusta Street. Nous dérivons donc vers le Power House. Quelques gros achigans un peu nerveux la patrouillent, du côté du canal. Ci-haut; une des deux grosses turbines. Il est possible de se rendre à l'intérieur, en passant par le tunnel de sortie d'eau au "sous-sol". Le passage est étroit et noir, mais comme l'intérieur de la turbine, magnifique sous la lampe, et rempli de crapets de roche! C'est une pénétration très courte, mais délicate tout-de-même à cause de l'étroitesse du conduit et des sédiments hyper volatiles. Prudence.





Au retour un peu plus d'une heure et quelques frissons plus tard, Aqualung se trouve un ghetto-blaster et se tape l'intégrale de l'album blanc pendant que je trouve une autre bouteille de Pepsi pour ma collection; une 1966... L'année ou les Beatles sont plus populaires que Jésus, sortent l'album Revolver, donnent leur dernier concert et commencent à enregistrer Sargeant Pepper's Lonely Hearts Club Band.
L'année ou Paul is dead, ou Georges apprend la cithare avec Ravi , ou John rencontre Yoko à la galerie, et ou Ringo a un trou dans sa poche...

Huit ans plus tôt, ici, la région qui sera connue plus tard comme les Lost Villages est engloutie par la création du "Lac St-Laurent". Des villages entiers, relocalisés, des vieilles écluses, des ponts et des routes.



L'ancienne "2", près du Lock 22, s'enfonçant dans les flots...
Nous visitons un peu Farran Park, cherchant à trouver le site de l'écluse 22 pour de prochaines plongées, et ressortons par les iles et le Lock 21.
Celui-ci est maintenant "clôturé" et le passage des autos des plongeurs sur l'herbe, interdit.



Alors apportez vos bacs de plastiques ou vos sacs à roulettes!

La journée de la Terre 2010, je suis allé plonger aux Lost Villages. Dans un monde maintenant silencieux qui grouillait jadis de la vie insouciante des Fifties. À une époque ou tout semblait permis, ou les hommes marchaient droits et fiers vers un avenir de progrès en lequel ils avaient confiance, et ou on n'avait pas besoin d'une Journée de la Terre.
Seront-ils droits et fiers, ceux qui marcheront vers les prochains Fifties, ou seront-ils morts-nés parce que nous n'aurons donné qu'une journée à la Terre?...