Bob a toujours aimé pêcher.
Même pas la vraie grande pêche au gros en bateau avec plein d'équipement et des sonars et les derniers leurres hots; juste la petite pêche à la perchaude, assis au bord sur une chaudière renversée, la canne de vers dans l'herbe, à fumer une bonne Player's...
En fait, ce que Bob aimait vraiment le plus; c'était de ''monter des murs''. Bob était mason. Et maintenant deux de ses trois fils perpétuent la tradition et ont l'amour de la pierre. Et il en est bien fier...
Bob n'a que 54 ans.
S'il est ici aujourd'hui comme presqu'à chaque jour ou il ne pleut pas, à taquiner le poisson et fumer plutôt que de travailler avec ses fils, c'est qu'il n'en a plus beaucoup la force, et que la chimiothérapie lui en a enlèvée encore du peu qui lui restait.
Bob a le cancer.
Il a vécu toute sa jeune vie ici, et a entendu parler de cette écluse engloutie juste à côté, quelques centaines de pieds au large pres de la pointe ou se mêlent au fleuve les eaux du ruisseau Flagg.
Mais il n'a jamais vu de plongeurs venir l'explorer, avant Nick et moi aujourd'hui.
Pourtant, le lock 24 est connu des plongeurs locaux, qui l'ont depuis longtemps nettoyé des bouteilles de whisky du début du siècle passé qui en jonchaient le long plancher de bois.
Nick a pu discuter longuement ce matin avec le pêcheur, avant que je puisse le rejoindre.
Au début de nos recherches pour situer la vieille écluse, après consultation des cartes géographiques d'époque, nous avions nommé cette pointe en amont du ruisseau Flagg au bout du chemin du même nom qui embranche sur la 2 à l'ouest de Morrisburg, la ''Fisherman's Point'', puisque Bob y était à chaque fois.
Nous la nommerons maintenant la Pointe à Bob.
Elle est au point jaune en bas à gauche. L'écluse est marquée par la ligne rouge, et le parc Loyalist où doit se faire la sortie de la plongée au point bleu. Les terrains entre Flagg's Bay et le parc sont privés et ne permettent pas de sortie. Au coin supérieur droit de la carte: Morrisburg. Si vous rejoignez à la nage en surface le début du lock et que vous y commencez votre immersion, vous devriez pouvoir atteindre en dérive le parc au bout de 45 minutes, si vous ne vous attardez pas outre mesure en chemin. La dérive est donc amplement possible avec un cylindre de 80 pieds cube, si votre consommation est raisonable. L'écluse est à une trentaine de pieds de profondeur.
Mais aujourd'hui il n'y a pas que l'écluse qui nous intéresse... Si le chemin Lakeshore Drive enjambe le ruisseau Flagg en 2010, il fallait bien que la vieille route 2 qui longeait à l'époque le fleuve avant l'inondation de 1958 le fasse aussi. Nous voulons donc commencer la plongée plus en amont, trouver l'ancienne 2 engloutie, la suivre vers l'aval jusqu'à ce que l'on voit de chaque côté le sol descendre vers le lit original du ruisseau, et trouver ainsi le pont qui devait inévitablement y être situé.
Et il y est!
C'est pas le Golden Gate peut-être; mais le charmant petit pont est aussi accompagné de l'agréable sensation que procure le fait de pouvoir vérifier sur le terrain ce qu'on peut déduire des vieilles cartes d'époque!
Les conditions actuelles de visibilité ne permettent pas de prises de vues éloignées ou très claires. Dommage; le pont est tres beau et très bien conservé. Peut-être plus tard en saison, ou au printemps très tôt...
Sous le limon et les sédiments accumulés, nous trouvons l'inscription gravée dans le béton ''ontario provincial highways'' ...et la date de construction du pont! 1927! Quatre-vingt trois ans plus tard...
Nous continuons la dérive en aval et parvenons bientôt à hauteur de l'endroit ou nous croyons trouver le début de l'écluse. Elle est bien là, une trentaine de pieds sous la surface pas bien loin au large de la route.
Et si elle a subi, au temps de l'élargissement de la voie maritime qui passe tout près ici, la destruction de son mur sud, le reste est relativement en bon état, et montre une technique de construction de mur de bois qu'il est impossible de voir ailleurs. Tout-à-fait magnifique!
De gros blocs de pierre, vestiges de la destruction partielle de l'écluse, traînent ici et là, offrant refuge à quantités de chevaliers, achigans, crapets, alors que rôdent autour les ''grands''; maskinongés, carpes immenses et bancs de gros dorés.
Chaque poisson que nous croisons nous fait penser à Bob et ses perchaudes. J'aimerais bien qu'il puisse nous accompagner et les voir. Et je me trouve bien chanceux, malgré que ce soit aujourd'hui ma première plongée depuis un long mois d'otite, de pouvoir les saluer et partager avec eux l'indescriptible plaisir de voler en apesanteur dans le monde du silence.
Et je me répète encore une fois cette pensée que nous oublions si facilement: il faut vivre là, maintenant, intensément, comme si çà allait finir demain.
Parce que oui; çà finit très vite.
Bob le sait.
Mes hommages, monsieur.
lundi 11 octobre 2010
mardi 5 octobre 2010
Le temps des salamandres
On croyait dans l'antiquité que les salamandres pouvaient vivre dans le feu. À tel point que certains récipients des alchimistes destinés aux flammes portaient ce nom aussi, encore utilisé de nos jours pour un chaudron.
Mais elles n'ont pas, évidemment, ce pouvoir.
Elles en ont un cependant plus important et fascinant encore. Elles sont, encore plus que grenouilles et crapauds, les baromètres de la santé de notre environnement, à cause de leur super-sensibilité aux polluants.
Et le necture tacheté, seul représentant des salamandres uniquement aquatique et le plus gros de la famille, devient ainsi le ''pollumètre'' par excellence de nos eaux.
Or voici venir le temps idéal de les observer en plongée. Ils adorent l'eau froide, sont actifs tout l'hiver, et si le fleuve a refroidi, il est encore très plongeable en wetsuit.
Un des meilleurs endroits pour les observer, je trouve, est aussi un des plus connus des plongeurs. Autour du Wee Hawk, cette petite épave en amont du Conestoga, à Cardinal, Ontario.
Cliquer sur la photo; vous serez dirigés vers la page de SCUBAPEDIA avec tous les renseignements et directions pour s'y rendre.
Je pense que l'idéal est de traverser le petit pont enjambant le canal que vous trouverez au bout du chemin de Gallop Canal Road et d'aller vers l'amont au bout de l'île. Vous y commencerez une dérive très paisible, côté canal, en longeant le mur, au crépuscule(le necture est nocturne). Comme il n'y a à peu près pas de courant, et que le site est peu profond, vous pourrez y faire des plongées de deux heures et y voir facilement des nectures par dizaines!
Et si vous vous en lassez-parce que vous en verrez assez pour çà!-, laissez-vous aller dans le canal vers le Conestoga. La ''Torpedo Run'' de nuit est fascinante, et les gros brochets abondants!
À cause de leur statut de ''pollumètre'', il est encore plus important de signaler leur présence, et encore plus leurs cadavres si vous en voyiez beaucoup, sur le site du ROSM, -dont vous êtes membres bien sûr!
(Cliquez ICI)
Et pour plus d'infos sur les nectures: DORIS
Bonnes plongées avec les petits lutins d'eau!
Mais elles n'ont pas, évidemment, ce pouvoir.
Elles en ont un cependant plus important et fascinant encore. Elles sont, encore plus que grenouilles et crapauds, les baromètres de la santé de notre environnement, à cause de leur super-sensibilité aux polluants.
Et le necture tacheté, seul représentant des salamandres uniquement aquatique et le plus gros de la famille, devient ainsi le ''pollumètre'' par excellence de nos eaux.
Or voici venir le temps idéal de les observer en plongée. Ils adorent l'eau froide, sont actifs tout l'hiver, et si le fleuve a refroidi, il est encore très plongeable en wetsuit.
Un des meilleurs endroits pour les observer, je trouve, est aussi un des plus connus des plongeurs. Autour du Wee Hawk, cette petite épave en amont du Conestoga, à Cardinal, Ontario.
Cliquer sur la photo; vous serez dirigés vers la page de SCUBAPEDIA avec tous les renseignements et directions pour s'y rendre.
Je pense que l'idéal est de traverser le petit pont enjambant le canal que vous trouverez au bout du chemin de Gallop Canal Road et d'aller vers l'amont au bout de l'île. Vous y commencerez une dérive très paisible, côté canal, en longeant le mur, au crépuscule(le necture est nocturne). Comme il n'y a à peu près pas de courant, et que le site est peu profond, vous pourrez y faire des plongées de deux heures et y voir facilement des nectures par dizaines!
Et si vous vous en lassez-parce que vous en verrez assez pour çà!-, laissez-vous aller dans le canal vers le Conestoga. La ''Torpedo Run'' de nuit est fascinante, et les gros brochets abondants!
À cause de leur statut de ''pollumètre'', il est encore plus important de signaler leur présence, et encore plus leurs cadavres si vous en voyiez beaucoup, sur le site du ROSM, -dont vous êtes membres bien sûr!
(Cliquez ICI)
Et pour plus d'infos sur les nectures: DORIS
Bonnes plongées avec les petits lutins d'eau!
mercredi 29 septembre 2010
LE PROCHAIN ENVAHISSEUR
La prochaine bébitte à envahir notre fleuve, après la crevette rouge sang dont il est question deux messages plus bas, sera la carpe asiatique.
Voici la bête en question...
Et voici quelle format elle peut atteindre!!!!!!! (quant à ce que le pêcheur essaie de faire; je préfère ne pas m'étendre sur(ou sous) le sujet...)
Cette charmante bestiole bouffe la moitié de son poids PAR JOUR. L'impact sur l'écosystème fluvial sera phénoménal...et dévastateur.
''Importée d'Asie dans les années 70 pour se débarrasser des algues dans les piscicultures du sud des États-Unis, cette carpe s'est échappée dans le Mississippi durant les inondations de 1993. Elle a depuis remonté le fleuve et ses tributaires jusqu'à l'embouchure des Grands Lacs.''
Et voila maintenant que des traces de son ADN ont été trouvées dans le lac Michigan...Ce qu'on ne sait pas encore, c'est si cet ADN provient d'individus eux-mêmes ou des déjections de carpes emportées par le courant.
Mais tôt ou tard, elle passera.
Or; il faut trois jours seulement à l'eau des grands lacs pour parvenir dans la région de Cornwall et de beaucoup de nos sites de plongée favoris.
À quel rythme peut elle se reproduire?
Voyez plutôt!:
Cette photo n'est pas truquée!
Et elle illustre aussi une facette étrange du comportement de la carpe asiatique. Lorsque celle-ci entend le bruit d'un moteur de bateau; elle bondit hors de l'eau!
(La carpe commune habitant déjà nos eaux peut bondir aussi, mais ne le fait qu'à l'occasion, pour tenter de se débarasser de parasites.)
À tel point et si invariablement, que sur le Mississipi, plusieurs personnes déjà ont subi des blessures pour avoir reçu en pleine poire alors qu'elles naviguaient paisiblement trente kilos de carpe acrobatique!
J'adore cette planète!
On a l'impression de nager en pleine science-fiction!
Et pourtant, googlez ''carpe asiatique''; vous trouverez plein d'information.
Alors voila! Plaisanciers; le port du casque de football sera bientôt conseillé!
Et plongeurs: ouvrez l'oeil! D'ici une couple d'années, l'un de nous rapportera sans doute la première observation de carpe asiatique.
Mais ne sautez pas aux conclusions et sur votre portable trop vite! Examinez bien la bête; differenciez-là de notre carpe commune. L'étrange positionnement des yeux par rapport à la bouche(qui n'est pas non plus placée sous la tête comme les suceurs) est distinctif. Ainsi que sa tendance à se prendre pour une hirondelle au moindre bruit.
Et pour le moment, aucune n'a été signalée, même aux grands lacs.
Mais.............
Voici la bête en question...
Et voici quelle format elle peut atteindre!!!!!!! (quant à ce que le pêcheur essaie de faire; je préfère ne pas m'étendre sur(ou sous) le sujet...)
Cette charmante bestiole bouffe la moitié de son poids PAR JOUR. L'impact sur l'écosystème fluvial sera phénoménal...et dévastateur.
''Importée d'Asie dans les années 70 pour se débarrasser des algues dans les piscicultures du sud des États-Unis, cette carpe s'est échappée dans le Mississippi durant les inondations de 1993. Elle a depuis remonté le fleuve et ses tributaires jusqu'à l'embouchure des Grands Lacs.''
Et voila maintenant que des traces de son ADN ont été trouvées dans le lac Michigan...Ce qu'on ne sait pas encore, c'est si cet ADN provient d'individus eux-mêmes ou des déjections de carpes emportées par le courant.
Mais tôt ou tard, elle passera.
Or; il faut trois jours seulement à l'eau des grands lacs pour parvenir dans la région de Cornwall et de beaucoup de nos sites de plongée favoris.
À quel rythme peut elle se reproduire?
Voyez plutôt!:
Cette photo n'est pas truquée!
Et elle illustre aussi une facette étrange du comportement de la carpe asiatique. Lorsque celle-ci entend le bruit d'un moteur de bateau; elle bondit hors de l'eau!
(La carpe commune habitant déjà nos eaux peut bondir aussi, mais ne le fait qu'à l'occasion, pour tenter de se débarasser de parasites.)
À tel point et si invariablement, que sur le Mississipi, plusieurs personnes déjà ont subi des blessures pour avoir reçu en pleine poire alors qu'elles naviguaient paisiblement trente kilos de carpe acrobatique!
J'adore cette planète!
On a l'impression de nager en pleine science-fiction!
Et pourtant, googlez ''carpe asiatique''; vous trouverez plein d'information.
Et plongeurs: ouvrez l'oeil! D'ici une couple d'années, l'un de nous rapportera sans doute la première observation de carpe asiatique.
Mais ne sautez pas aux conclusions et sur votre portable trop vite! Examinez bien la bête; differenciez-là de notre carpe commune. L'étrange positionnement des yeux par rapport à la bouche(qui n'est pas non plus placée sous la tête comme les suceurs) est distinctif. Ainsi que sa tendance à se prendre pour une hirondelle au moindre bruit.
Et pour le moment, aucune n'a été signalée, même aux grands lacs.
Mais.............
vendredi 24 septembre 2010
REQUIN BLANC
Une très belle et instructive page sur le requin blanc et sa présence dans les eaux canadiennes, sur le site du GEERG.
Allez voir à: http://geerg.ca/fr/shark_white.html?ref=nf
Allez voir à: http://geerg.ca/fr/shark_white.html?ref=nf
jeudi 23 septembre 2010
ZE RETURN OF ZE SUSHI
Très cher docteurs en physique des particules et public avide de sensations cérébrales fortes et de scoops scientifiques; laissez tomber votre numéro de Science Journal ou du Smithsonian.
Aquadelic a une fois de plus ce qu'il vous faut pour assouvir votre soif de savoir, votre ardent désir de stupéfaction intellectuelle.
Vous vous rappelerez sans doute, avec émotion, ce brillant reportage que vous aviez lu ici-même sur la découverte à St-Timothée d'une population incroyable de cette petite crevette invasive du St-Laurent originaire d'Europe par les fougueux plongeurs d'Aquadelic?
Et bien nos palmés amis ont remis çà!
Cette fois, c'est en Ontario, près de Farran's Point dans la région des Lost Villages, qu'Hémimysis Anomala, la ''Bloody Red Shrimp'', a été observée et prélevée, grâce à un ingénieux système de trappage utilisant un pot de pâté au sanglier du reste fort gustatif, conçu par votre humble.
Voila la bête.
Nous l'observâmes d'abord lors d'une plongée en fin août dernier. Mais contrairement à celles de St-Timothée, nos crevettes ontariennes furent trouvées dans des conditions rendant leur collecte plutôt difficile, et démontrant un comportement de leur part totalement étranger à celui de leur consoeurs québécoises.
Elles vivaient, et vivent toujours d'ailleurs, dans une pièce fermée et absolument obscure d'une épave, où elles se trouvaient à l'abri du fort courant local, qu'elles ne sauraient maîtriser en aucune façon.
Normalement, HA vit en des eaux tranquiles, et où la nuit venue elle peut monter dans la colone d'eau pour ''chasser'' le zooplancton dont elle se nourrit.
Les HA de St-Timothée vivent en essaims de milliers d'individus, par 7 mètres de fond, et ne sont nullement affectées par la présence des plongeurs, allant jusqu'à accepter ceux-ci et les envelopper s'ils se déplacent très lentement. La lumière ne les affecte pas, et les puissants strobelights des caméras sous-marines que nous avons utilisées pour les filmer ne les dérangent pas.
Les crevettes observées dans cette pièce noire réagissaient violemment à la moindre lumière en se précipitant à l'abri dans les interstices et les fissures de la structure.
C'est ce qui rendit leur capture plus difficile.
Mais nous réussîmes tout-de-même à obtenir 4 spécimens il y a une dizaine de jours, et avec l'aide de ma petite soeur de laboratoire et la collaboration gentille et généreuse de l'hopital ou elle travaille, pûmes ce soir confirmer au microscope qu'elles sont bien des Hémimysis Anomala, et non quelqu'anonyme chair à sushi.
(Je vous défie de répéter ''chair à sushi'' 4 fois vite sans vous faire un noeud de chaise dans la langue.)
Alors voila, admirateurs pantois et médusés! Les nerds d'Aquadelic frappent encore, persistent et signent.
Les échantillons iront maintenant au St-Lawrence River Institute Of Environmental Sciences, à Cornwall, où on poursuit des recherches intensives sur HA et son invasion du système des grands lacs depuis 2006.
Plusieurs articles ont parus sur la crevette depuis le début de leur travaux, et un prochain papier fera état des nouveaux sites d'observation trouvés, dont ceux qui le furent par Aquadelic!
Très cool, on trouve!
Aquadelic a une fois de plus ce qu'il vous faut pour assouvir votre soif de savoir, votre ardent désir de stupéfaction intellectuelle.
Vous vous rappelerez sans doute, avec émotion, ce brillant reportage que vous aviez lu ici-même sur la découverte à St-Timothée d'une population incroyable de cette petite crevette invasive du St-Laurent originaire d'Europe par les fougueux plongeurs d'Aquadelic?
Et bien nos palmés amis ont remis çà!
Cette fois, c'est en Ontario, près de Farran's Point dans la région des Lost Villages, qu'Hémimysis Anomala, la ''Bloody Red Shrimp'', a été observée et prélevée, grâce à un ingénieux système de trappage utilisant un pot de pâté au sanglier du reste fort gustatif, conçu par votre humble.
Voila la bête.
Nous l'observâmes d'abord lors d'une plongée en fin août dernier. Mais contrairement à celles de St-Timothée, nos crevettes ontariennes furent trouvées dans des conditions rendant leur collecte plutôt difficile, et démontrant un comportement de leur part totalement étranger à celui de leur consoeurs québécoises.
Elles vivaient, et vivent toujours d'ailleurs, dans une pièce fermée et absolument obscure d'une épave, où elles se trouvaient à l'abri du fort courant local, qu'elles ne sauraient maîtriser en aucune façon.
Normalement, HA vit en des eaux tranquiles, et où la nuit venue elle peut monter dans la colone d'eau pour ''chasser'' le zooplancton dont elle se nourrit.
Les HA de St-Timothée vivent en essaims de milliers d'individus, par 7 mètres de fond, et ne sont nullement affectées par la présence des plongeurs, allant jusqu'à accepter ceux-ci et les envelopper s'ils se déplacent très lentement. La lumière ne les affecte pas, et les puissants strobelights des caméras sous-marines que nous avons utilisées pour les filmer ne les dérangent pas.
Les crevettes observées dans cette pièce noire réagissaient violemment à la moindre lumière en se précipitant à l'abri dans les interstices et les fissures de la structure.
C'est ce qui rendit leur capture plus difficile.
Mais nous réussîmes tout-de-même à obtenir 4 spécimens il y a une dizaine de jours, et avec l'aide de ma petite soeur de laboratoire et la collaboration gentille et généreuse de l'hopital ou elle travaille, pûmes ce soir confirmer au microscope qu'elles sont bien des Hémimysis Anomala, et non quelqu'anonyme chair à sushi.
(Je vous défie de répéter ''chair à sushi'' 4 fois vite sans vous faire un noeud de chaise dans la langue.)
Alors voila, admirateurs pantois et médusés! Les nerds d'Aquadelic frappent encore, persistent et signent.
Les échantillons iront maintenant au St-Lawrence River Institute Of Environmental Sciences, à Cornwall, où on poursuit des recherches intensives sur HA et son invasion du système des grands lacs depuis 2006.
Plusieurs articles ont parus sur la crevette depuis le début de leur travaux, et un prochain papier fera état des nouveaux sites d'observation trouvés, dont ceux qui le furent par Aquadelic!
Très cool, on trouve!
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